L’Agame Barbu (Pogona vitticeps) est sans doute le reptile qui mérite le mieux le qualificatif de NAC ( nouveau animaux de compagnie). Familier à l’égard de l’homme, d’une taille à la fois suffisante pour en faire un animal spectaculaire et assez réduite pour que son logement soit facilement gérable, il est robuste et facile à élever.
CLASSIFICATION
Il appartient à la famille des agamidés. Il se caractérise par une apparence généralement robuste et par la forme triangulaire de sa tête. A la différence des membres d’autres familles comme les Lacéridés, les agames ne peuvent se séparer de leur queue pour échapper à un prédateur (=mécanisme d’autonomie). Un autre élément déterminant, commun à tous les agames, est leur dentition de type acrodonte (dent implantée au sommet du maxillaire).
Les Agames Barbus font partie du genre Pogona. Il s agit d’un animal assez massif, long d’une cinquantaine de centimètre, dont l’arrière de la tête, le cou et les flancs sont garnis d’écailles épineuses qui peuvent constituer une protection contre les prédateurs, en rendent le lézard particulièrement désagréable à avaler. Une autre particularité est sa faculté d’ériger une espèce de « barbe » garnie d’écailles épineuse, tout en ouvrant la gueule. Cette parade, destinée aux prédateurs, a pour but de faire paraître le lézard plus gros qu’il ne l’est en réalité.
Il est originaire d’Australie, plus précisément des savanes désertiques ou semi-désertiques bordant la partie la plus désertique située au cœur du pays. Les Agames Barbus ont un mode de vie diurne, à la fois terrestre et semi-arboricole. Ils se perchent souvent dans les arbres, sur les poteaux ou les termitières, pour dormir, ou surveiller leur territoire. Au sein d’un groupe, on peut facilement identifier le dominant, qui a tendance à occuper la position la plus élevée sur les « perchoirs ».
DONNEES BIOLOGIQUES
Les reptiles ont tous le sang froid (à température variable), cependant tous les reptiles possèdent un seuil de température optimal (la T.M.P= Température Moyenne Préférentielle.) qui permet à leur organisme de bien fonctionner, et dont ils ne peuvent s’écarter impunément : Si leur température interne descend, il ne peuvent ni digérer ni se mouvoir, leurs défenses immunitaires s’effondrent. Par contre une température trop élevée atteint un seuil appelé Température Maximale Critique (la T.M.C.), ils y risquent la mort par hyperthermie. Ces valeurs sont comprises entre 35°C pour la T.M.P. et 44°C pour la T.M.C.
Il faut donc être vigilant lors de séance de manipulation, pour ne pas l’exposer de façon prolongée à des températures trop basses ou à des courants d’air.
En ce qui concerne les sens, celui qui domine est la vue. Elle leur permet de détecter les prédateurs et à identifier leurs congénères, même à des distances importantes. Il sont même capables de distinguer les couleurs.
Leur longévité varie entre 4 et 10 ans.
REPRODUCTION
La maturité sexuelle est atteinte à l’âge de 12 à 24 mois. Il est indispensable d’instaurer une période de repos de 2 mois environ (hiver) au cours de laquelle on abaisse graduellement la température et la durée d’éclairage. Durant cette période, les animaux cessent de s’alimenter.
Il est conseillé de séparer 2 individus environ pendant 2 semaines avant l’accouplement afin de les nourrir équitablement.
On peut remettre le couple ensemble ce qui peut donner lieu à 3 attitudes : 1) Ignorance, individus trop jeunes, ne se plaisent pas. 2) La femelle peut agresser le mâle (qui cesse assez rapidement ses avances) 3) Le mâle se livre à la parade nuptiale, l’accouplement dure 2 à 3 minutes.
Le délai séparant l’accouplement et la première ponte est de 21 jours, la femelle pond entre 10 et 30 œufs, le processus dure plusieurs heures. Le nombre moyen de ponte par saison et de 3 voire 6 maximum, avec 1 mois d intervalle entre chaque ponte. Eclosion des juvéniles entre 85 à 100 jours. HABITAT
Cohabitation possible, à éviter avec deux mâles adultes et attention à la surpopulation. Et on sera attentif en période de reproduction. On évitera d’adopter une femelle seule à cause du risque de rétention des œufs si les ovules restent sans fécondation, on préférera un mâle.
Terrarium désertique, température adéquate élevée et hygrométrie faible. Idéal est le terrarium en verre spécialement conçu pour les reptiles. Sa hauteur et la surface au sol est très importante. Si basiquement on parle de 100cm x 60 cm x 60 cm, certains auteurs proposent même une longueur de 1.80m.
Aménagement : bien être + aspect sanitaire !
Chauffage : TMP à atteindre. 2 possibilités, soit un gradient de T°C pour que le Pogona puisse migrer de l’un à l’autre (27-30°C et 32-37°C), soit rafraîchir pendant la nuit (20-22°C).
Eclairage : Tube UVA + UVB type Zoomed, changer 1x/an. Evt dehors si très chaud avec ombre. Respectez cycles jour/nuit : 14/ 10h. !
Hygrométrie : Sec.
Abris : indispensables. Pour le Pogona, grosses branches, écorces de chêne, liège concaves
Bac d’eau : En permanence, evt petite piscine pour ceux qui aiment se tremper !
Substrat au sol : Sable, evt. substrat type Biorep. A changer tous les 3-4 mois, nettoyer terrarium avec eau de javel diluée, alcool à 90° ou produits d’entretien d’animalerie.
+ Plantes, non traitées, sans épines, fonds de terrarium en résine type pierre comme murs d’escalade
ALIMENTATION
Les Pogona sont omnivores, on conseille une alimentation moitié-moitié : 50% de végétaux 50% de protéines animales. 1) Rapport Ca/P= 2/1 2) Soins à la nutrition des proies, nourriture de qualité et corriger apport de Ca, le pogona en profitera directement. 3) Eviter insectes frais chassés près d’une zone traitée aux pesticides 4) Variation des menus 5) Adapter taille des aliments à celle du lézard (proie égale maximum tête pogona, plus petite pour pogona gravide) 6) Attention aux blessures causés par la proie 7) Heure repas : 1-2h. après allumage éclairage + chauffage et 3-4 h avant extinction nocturne 8) Juvéniles 1-2 x/j et adultes 1x/j. ou tous les deux jours
Voici quelques aliments les plus acceptés…(rapport calcium/phosphore correct)
- Végétaux
- Origine Animale
- La Luzerne
- Les Grillons (surtout pour les juvéniles)
- Le Pissenlit
- Les Blattes
- Le Trèfle
- Les Vers de farine (saupoudrés de calcium)
- La Chicorée
- Les Vers de farine géants
- Le Cresson
- Les Criquets
- Les Figues
- La Papaye
- Les Oranges
Maladies fréquentes
Chez l’Agame Barbu, la plupart des maladies sont liées à des conditions de terrarium inadaptées (chaleur, lumière UVB, alimentation).
Le point le plus important à retenir : un pogona en bonne santé dépend d’abord de son environnement. Une chaleur suffisante, une bonne lampe UVB et une alimentation riche en calcium préviennent une grande partie des problèmes.
Le trouble le plus classique est le manque de calcium et d’UVB. Les os deviennent fragiles, l’animal tremble, la mâchoire peut devenir molle ou déformée (on parle de « maladie osseuse métabolique »). Sans UVB, le calcium apporté par l’alimentation est mal utilisé.
Si le pogona avale du substrat (sable, copeaux), celui-ci peut bloquer le tube digestif (occlusion appelée « impaction »). L’animal ne fait plus ses crottes, mange moins et se gonfle. Des vers ou parasites dans l’intestin (parasites internes) sont aussi possibles, surtout chez un animal récemment acquis.
Une respiration difficile, la bouche ouverte, avec des bulles de mucus autour du nez ou de la gueule, évoque une infection des voies respiratoires. Elle survient souvent quand le terrarium est trop froid ou trop humide.
Conseil du vétérinaire Une lampe UVB de qualité, changée une fois par an, et un apport régulier de calcium sont vos meilleurs alliés pour garder des os solides.
Quand consulter rapidement tremblements, membres ou mâchoire déformés, perte d’appétit, absence de crottes, animal mou ou apathique.
Quand consulter en urgence respiration bouche ouverte, bulles de mucus, animal qui ne réagit plus ou refuse toute nourriture depuis plusieurs jours.
À retenir la plupart des maladies du pogona viennent d’un terrarium inadapté : soignez la chaleur, l’UVB, l’humidité et le calcium. Ces informations ne remplacent pas une consultation.